CGTT - الكنفدرالية العامة التونسية للشغل
نقابة المستقبل المواطنة

Pour le droit des travailleurs tunisiens d’adhérer au syndicat de leur choix

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Le cas de la CGTT

La déclaration de la constitution d’une nouvelle organisation syndicale en Tunisie dénommée “Confédération Générale Tunisienne du Travail -CGTT”, a  suscité un intérêt, jamais constaté auparavant, dans l’opinion publique, chez les syndicalistes, ainsi que dans les médias, et ce malgré l’interdiction par les autorités tunisiennes de la conférence de presse prévue le 1er février 2007.

Les débats féconds, à l’échelle nationale, autour de la légitimité du pluralisme syndical, son impact sur la vie politique et sociale de notre pays, ont créé une conscience de la nécessité d’impulser une nouvelle dynamique du mouvement syndical en vue de renouveler sa vision globale, ses structures et ses méthodes d’action, tout cela dans le but de sa refondation.

Les fondateurs de la CGTT remercient tous ceux qui, syndicalistes, journalistes et intellectuels, ont participé à ces débats, soit pour applaudir à cette initiative, soit pour la critiquer. Mais ils s’étonnent des réactions hâtives de certains journalistes. Ils regrettent aussi les réactions négatives de certains dirigeants de l’UGTT, qui continuent d’ignorer les fondements  de l’action syndicale démocratique, le principe accordé à tout syndicat de s’organiser librement. Ils oublient aussi l’expérience du mouvement syndical tunisien, de 1924 à 1956, période qui a vu naître et se développer, le pluralisme syndical, et ce pendant trois décennies, au moins, preuve indéniable s’opposant à la “pensée unique”, issue de la vision traditionnelle, totalitaire,  qui représente un obstacle historique à toute action réformatrice de l’action syndicale, à une refonte totale de sa vision, de ses structures, de ses méthodes.

Ils insistent sur leur volonté de poursuivre, avec sérénité, le dialogue pour approfondir ces débats, importants, et éviter toute personnalisation des problèmes, les diffamations et les contrevérités.

Il est important de rappeler que la fondation de cette nouvelle organisation syndicale est le résultat de longs débats et de profondes discussions, auxquels ont participé des militants et militantes, de divers secteurs, de toutes régions, de toutes générations, venant d’horizons divers, ayant des expériences différentes. Un document “PLATEFORME POUR UNE REFONDATION DU MOUVEMENT SYNDICAL TUNISIEN” est le fruit final de toutes ces discussions. (Voir le document “Plateforme syndicale pour une refondation du mouvement syndical tunisien”).

C’est le profond attachement à un principe de base : le droit de tout travailleur d’adhérer, en toute liberté, à l’organisation syndicale qui défende au mieux ses intérêts. Ce droit est conforme au principe de la liberté syndicale, en tant que liberté publique, identique à la liberté d’expression et à la liberté de s’organiser. Libertés garanties par la Constitution tunisienne,  y compris la liberté syndicale, dans son article 8. Par ailleurs, les articles 242, 250, 252, du Code du Travail tunisien,  précisent la liberté syndicale, et la constitution de syndicats n’a aucunement besoin d’autorisation ni d’accord préalable de l’autorité en place, en conformité aussi avec le contenu de deux conventions internationales N° 87 et 98 consacrées par l’Organisation Internationale du Travail et ratifiées par notre pays.

Malgré tous les obstacles et les difficultés, les fondateurs de la  nouvelle organisation syndicale tiennent à sa mise en oeuvre dans les meilleures conditions de réussite. Ils tiennent surtout :

  • A tenir compte de toutes les mutations profondes que vit notre pays, et son environnement régional et international, et à éviter les dérives de l’expérience syndicale tunisienne et toutes les entraves qu’elle a connues, particulièrement cette dernière décennie.
  • Tirer profit des expériences profondément ancrées dans les traditions des différentes organisations du mouvement syndical patriotique tunisien, qui se sont développées et ont évolué à cause de l’incapacité des organisations syndicales françaises du temps de la colonisation à défendre les droits des travailleurs tunisiens et  être le reflet de leurs préoccupations. C’est ainsi le cas pour la Confédération Générale des Travailleurs Tunisiens de M’Hamed Ali , de l’expérience de Belgacem Gnaoui, et de l’Union Générale des travailleurs Tunisiens de  Farhat Hached. Ainsi le mouvement syndical tunisien a vécu dans le pluralisme syndical de 1924 à 1956. Ce qui démontre que les allégations voulant entacher notre initiative, la qualifiant “d’hérétique”  et “d’étrangère” même, n’ont aucun fondement.

Comme il faut aussi tirer profit des riches expériences du pluralisme syndical dans le monde, et essentiellement les exemples de réussite des exemples belge et espagnol. Il est à signaler que l’unification des syndicats du monde dans une organisation unique en novembre 2006 à Vienne, sous le nom de Confédération  Syndicale Internationale (CSI), n’a jamais mis fin à l’existence du pluralisme syndicale dans chaque pays. Le pluralisme syndical est bel et bien vivant en France, en Italie, en Espagne, en Belgique, au Japon. C’est le reflet de la richesse du mouvement syndical, de sa diversité. D’ailleurs le règlement intérieur de la  nouvelle organisation mondiale stipule la liberté de l’organisation syndicale et le droit de tout travailleur d’adhérer au syndicat de son choix.

  • Se démarquer de toutes  les tentatives de “pluralisme syndical” mises en œuvre, après l’indépendance de la Tunisie, chaque fois qu’il y avait crise entre  l’organisation syndicale et le pouvoir en place.

       Et dans ce cadre, nous insistons sur l’indépendance et la représentativité de la nouvelle organisation syndicale : ses fondateurs viennent d’horizons multiples, de générations diverses, de diverses régions et de différents secteurs de l’activité économique. Ils sont unis par les principes du volontariat, de la solidarité et du militantisme syndical.

Parmi les fondateurs, on retrouve ceux qui ont subit la prison et la torture même, pour avoir défendu l’autonomie de l’action syndical et les droits des travailleurs, dans les pires moments de crises qu’a connu l’organisation syndicale tunisienne (UGTT) dans les années soixante dix et quatre vingt. Ils étaient là pour soutenir tous ses symboles quand elle fut abandonnée par tous (mise à l’écart (révocation ??) de Habib Achour du secrétariat général  en 1986), comme ils ont violemment critiqué  l’organisation lorsqu’elle était au summum de sa puissance (suite à  l’affaire du journal Ech-Chaab en 1985), comme ils ont toujours fait face à toutes les déviations et dérives de ces dix dernières années, dans le cadre  de l’initiative “la plateforme syndicale de la rehabilitation de l’UGTT” où un appel a été lancé, à la veille du Congrès de Djerba en 2002, à l’ensemble des syndicalistes, qui prévenait que “la démocratie et l’unité syndicale sont organiquement et dialectiquement liées. Le pari posé à l’UGTT aujourd’hui est de montrer sa capacité à concrétiser cette liaison organique et dialectique. En fait, cela Signifie concrètement que ,s’il n’est pas admis et consacré au sein de l’UGTT,  le pluralisme syndical s’imposera en dehors de celle-ci, c’est-à-dire sous forme de pluralisme organisationnel- L’unité des syndicalistes au sein d’une organisation unique est directement tributaire d’un véritable pluralisme, d’une réelle diversité, et d’une coexistence démocratique au sein de l’UGTT avec ses  diverses  structures”. Cette  hypothèse s’est  avérée  impossible- l’UGTT maintient son option monolithique, centralisée, bureaucratique et fonctionnarisée.

Il est à remarquer que c’est cette génération de militants syndicalistes qui a subit les mises à l’écart , les exclusions, et ce, des diverses directions de l’UGTT  du congrès de Sousse de 1989 à nos jours.

Parmi les membres fondateurs de cette nouvelle organisation syndicale, il se trouve de jeunes gens et jeunes femmes, des cadres, membres de l’UGTT. Certains ont même  accédé à des responsabilités dans les années 90 et suivantes, puis ont préféré quitter, volontairement l’organisation, par déception, où ont en été exclus, d’autres découvrent l’action syndicale, et tous ont l’ambition et la volonté  de vivre une nouvelle expérience, loin des ornières habituelles, en participant de façon active à la fondation  d’une nouvelle organisation syndicale, de réanimer l’action syndicale , de l’encadrer et l’organiser à l’intérieur des entreprises, des secteurs, et à l’échelle nationale. Ils créeront ainsi un bouillon de culture où seront analysés  les problèmes syndicaux, sociaux, économiques.

Ainsi, les fondateurs de la nouvelle organisation syndicale, toutes générations confondues, considèrent de façon unanime qu’il faut rompre ”  avec le modèle syndical  issu des années 90, des réformettes superficielles apportées au cours des congrès de Djerba en février 2002 et celui de Monastir en décembre 2007,qui ne changent rien au fond des choses. Les fondateurs de la nouvelle organisation syndicale sont décidés d’apporter ce plus attendu, en renouvelant les objectifs, les programmes, les structures, les moyens d’actions et la structure sociale de l’organisation.

Les fondateurs de la CGTT ne veulent  ni un deuxième syndicat, ni un syndicat équivalent, mais un syndicat différent.
La nouvelle organisation syndicale – CGTT, aura pour devise :

“Une organisation syndicale autre en Tunisie est possible”

La création d’une organisation syndicale nouvelle constitue aujourd’hui la réponse précise à la nécessité de rompre avec l’accumulation d’obstacles et de difficultés qu’a connus le mouvement syndical tunisien et en particulier  le parcours de l’UGTT et les dérives répétées que ce parcours a enregistrées, dont la plus grave est celle initiée à partir du Congrès de Sousse en 1989.

Le pluralisme syndical s’impose aujourd’hui comme réponse inévitable aux contradictions dans lesquelles s’est enlisée l’UGTT, du fait du conservatisme dogmatique en matière d’organisation, de gestion et de fonctionnement. Cette réponse est portée par des forces Syndicalistes nouvelles porteuses du projet de renouvellement et de réforme. Elles défendent de nouvelles conceptions syndicales, modernistes, démocratiques, admettant la pluralité et la coexistence au sein du syndicat, celle-la même qui permet la diversité des opinions et des thèses, rompant ainsi avec le centralisme, la concentration du pouvoir, notamment le pouvoir de décision, encourageant l’expression libre des individus, des courants et des sensibilités, et rejetant toute conception de pensée unique, traditionnelle et  totalitaire.

La création d’une deuxième organisation syndicale tunisienne, à côté de l’UGTT, est l’expression d’une volonté autonome et libre d’un nombre important de syndicalistes, convaincus de la nécessité de défendre les intérêts des travailleurs. C’est une initiative qui n’est pas dirigée contre l’UGTT, bien au contraire : cette initiative  veut être un élément appelé à faciliter l’évolution de l’UGTT vers une organisation plus représentative (aujourd’hui, pas plus de 10%  des salariés y adhèrent).

Elle se veut en même temps une adaptation inévitable aux exigences  du progrès, de la modernité, de la démocratie et des droits de l’Homme. Le pluralisme n’est-il pas, après tout, le meilleur facteur pour la compétition et la concurrence dans la défense des intérêts des salariés ?la maturité et l’expérience accumulées par de très nombreux syndicalistes tunisiens rendent possible le passage aujourd’hui au pluralisme syndical à l’instar de certains pays à forte tradition syndicale dans le monde.

Soyons plus clairs : la consécration du pluralisme syndical dans notre pays et dans les conditions actuelles constitue la solution adéquate au blocage et aux dérives dans lesquels s’est enlisée l’UGTT – celle-ci a été incapable de sortir de ce blocage. Au contraire, elle n’a pas cessé de s’enfoncer dans des conceptions et des pratiques qui la bloquent  et  la  transforment  en  appareil  bureaucratique  qui  rejette tout renouvellement – A l’origine de cette sclérose, de nombreux facteurs empêchant l’UGTT d’évoluer vers une organisation syndicale plurielle, diversifiée, rompant avec le centralisme excessif, avec l’alignement derrière la direction et ses décisions et la soumission à son pouvoir, et ouvrant la voie à une diversification des centres de pouvoir. Il faut remarquer ici que la pérennisation de la situation de blocage tant au niveau des conceptions qu’au niveau des pratiques que connaît l’UGTT n’est pas étrangère à l’intériorisation par ses dirigeant successifs et par un bon nombre de ses cadres tout au long des dernières décennies, du modèle et de la culture du “Parti Unique”, auquel ont correspondu  parallèlement le modèle et la culture du “syndicat unique”. Tout le monde sait que ces deux cultures, identiques et complémentaires, relèvent d’un même modèle de gouvernance et de fonctionnement : un centralisme excessif, une bureaucratie tentaculaire, une concentration de l’autorité, une personnalisation du pouvoir, une crainte maladive de la diversité d’opinion et de la pluralité des positions et des pratiques. Or, il devient de plus en plus évident que tout projet de renouveau et de reconstruction du mouvement syndical tunisien répondant aux exigences nouvelles doit nécessairement rompre radicalement avec ce modèle et cette culture qui, à l’évidence, n’ont plus d’avenir.

Vive la Confédération Générale Tunisienne du Travail – CGTT
Tunis Février 2007 

Pour les membres fondateurs

Le Comité de Liaison de la CGTT

Fatma CHERIF,  Souad  KADDACHI, Mohamed CHAKROUN et Habib GUIZA

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