CGTT - الكنفدرالية العامة التونسية للشغل
نقابة المستقبل المواطنة

Pour le droit de la CGTT à exercer librement ses activités syndicales

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Plus d’une année est passée, depuis que des militants et militantes, appartenant à divers secteurs, régions et  générations ont pris l’initiative de constituer une nouvelle organisation syndicale en Tunisie. Constituée par 500 syndicalistes signataires d’une “PLATEFORME POUR UNE REFONDATION DU MOUVEMENT SYNDICAL TUNISIEN”, la “Confédération Générale Tunisienne du Travail” est une version moderne de la première organisation syndicale patriotique tunisienne  la “CGTT”, fondée le 3 décembre 1924 par des figures du syndicalisme tunisien, dont le leader historique Mohamed Ali ELHAMMI.

Parmi les fondateurs, on retrouve des militants qui ont connu la prison et la torture, pour avoir défendu l’autonomie de l’action syndicale et les droits des travailleurs, dans les pires moments de crise qu’a traversés l’UGTT dans les années soixante dix et quatre vingts.

On trouve également des jeunes hommes et femmes, des cadres, qui étaient membres de l’UGTT. Certains ont même  accédé à des responsabilités dans les années 90 et suivantes, d’autres découvrent l’action syndicale, et tous ont l’ambition et la volonté  de vivre une nouvelle expérience, loin des ornières habituelles, en participant de façon active à la rénovation et à la modernisation du mouvement syndical tunisien.

La création d’une nouvelle organisation syndicale est une réponse opportune aux exigences qui découlent des profondes transformations que vit notre pays depuis une vingtaine d’années,  et de l’incapacité du mouvement syndical à y faire face de façon novatrice.

En effet, les conceptions, méthodes d’action et d’organisation sont restées durant ces longues années, traditionnelles, marquées par la pérennisation d’un centralisme excessif, prisonnières d’une culture nationaliste qui n’a pas rompu avec les  conceptions ayant eu cours durant la période coloniale. C’est ce facteur qui a été en grande partie à l’origine de l’incapacité de l’UGTT,  dès lors qu’elle agit dans un Etat qui n’est plus colonial, de se transformer en organisation sociale de la classe ouvrière, au lieu de rester prisonnière d’un unanimisme national anti-colonial qui n’avait plus de raison d’être.

Du fait de ces obstacles, l’UGTT n’a pu connaître l’évolution pourtant commandée par la nouvelle situation politique, sociale et économique issue de l’indépendance. L’attachement à l’unanimisme “pré indépendance” n’a pas non plus favorisé le développement d’une vie démocratique à l’intérieur de l’organisation syndicale et n’a pas mis l ‘UGTT en position d’influer sur le cours de l’évolution politique dans le pays dans le sens d’une démocratisation de la société civile et de la société politique.

La situation de blocage qui caractérise l’UGTT tant au niveau des conceptions qu’au niveau des pratiques n’est pas étrangère à l’intériorisation par ses dirigeants successifs et par un bon nombre de ses cadres tout au long des dernières décennies, du modèle et de la culture du “Parti Unique”, auxquels ont ainsi correspondu  le modèle et la culture du “syndicat unique”. Tout le monde sait que ces deux cultures, identiques et complémentaires, relèvent d’un même modèle de gouvernance et de fonctionnement : un centralisme excessif, une bureaucratie tentaculaire, une concentration de l’autorité, une personnalisation du pouvoir, une crainte maladive de la diversité d’opinion et de la pluralité des positions et des pratiques.

Ainsi, la consécration du pluralisme syndical dans notre pays et dans les conditions actuelles constitue la solution adéquate au blocage et aux dérives dans lesquels s’est enlisé le mouvement syndical tunisien. Il n’est donc pas surprenant que la constitution de la “Confédération Générale Tunisienne du Travail -CGTT”, ait suscité un intérêt certain chez les syndicalistes, ainsi que dans les médias.

Les fondateurs de la CGTT remercient tous ceux qui, syndicalistes, journalistes et intellectuels, ont participé à ces débats, soit pour applaudir à cette initiative, soit pour la critiquer. Mais ils enregistrent avec regret les réactions négatives de certains dirigeants de l’UGTT, et ils s’étonnent aussi des réactions non objectives de certaines sensibilités qui continuent d’ignorer les fondements  de l’action syndicale démocratique, le droit  de s’organiser librement en syndicat. Ils oublient aussi l’expérience de 1924 à 1956, période qui a vu naître et se développer le pluralisme syndical, rejetant la “pensée unique” , issue de la vision totalitaire,  qui représente un obstacle historique à toute action réformatrice ,sur le terrain syndical comme sur d’autres terrains.

Ceux qui veulent voir derrière notre initiative la main du pouvoir ne tromperont personne, parce qu’ils savent eux-mêmes que cela n’a strictement rien  à voir avec la réalité. Ils savent bel et bien que le Ministère de l’intérieur a interdit la conférence de presse en vue de l’annonce de la constitution de la nouvelle confédération syndicale, qui était  prévue  le jeudi 1 février 2007  et que  notre camarade Habib GUIZA, Coordinateur du Comité de Liaison, a été convoqué au commissariat de police  le 30 janvier 2007 à 19 heures et  que le 13 février 2007 à 10H du matin,  nos camarades Habib GUIZA et Mohamed CHAKROUN, membres du comité de liaison de la CGTT ont, comme la loi l’exige (article 250 du code du travail Tunisien), voulu déposer les statuts des syndicats nouvellement constitués de la nouvelle organisation au siège du Gouvernorat de Tunis. Ils se sont vus répondre, après une attente longue, que le “responsable de ce département est en congé”, qu’il “n’avait  pas de remplaçant”, et qu’on “ne savait pas quand il reprenait ses fonctions”.

Par ailleurs, les syndicats constitués dans la région minière de Gafsa selon la réglementation   (courrier postale adressé le 26 juillet 2007, par pli recommandé avec accusé de réception, en cinq exemplaires, à Monsieur le Gouverneur de Gafsa) ne sont pas encore reconnus.

Nos choix sont donc clairs, et tous ceux qui tentent de semer le doute ,en seront pour leurs frais.Le Syndicat que nous venons de créer est un syndicat démocratique, progressiste et autonome. Il n’est l’émanation d’aucun parti, d’aucun groupement politique. Il n’est l’instrument de personne, ni au pouvoir, ni dans l’opposition. Notre conception, et c’est celle que plusieurs d’entre nous ont constamment défendue au sein de l’UGTT, et que nous concrétisons aujourd’hui : LA CGTT N’EST NI L’ALLIEE POLITIQUE DU POUVOIR NI SON ADVERSAIRE POLITIQUE.
 
Le syndicalisme que nous voulons instaurer se caractérise par trois traits essentiels : la défense  des droits sociaux et économiques fondamentaux des travailleurs, l’implication énergique du syndicalisme en tant qu’acteur efficient dans la transformation sociale ainsi que la sauvegarde de l’autonomie syndicale par rapport aux différentes instances étatiques, politiques, idéologiques ou économiques.

La CGTT a pour ambition majeure de contribuer à la refondation du mouvement syndical tunisien et ce par le renouvellement de ses conceptions, de ses méthodes de travail et de fonctionnement.

Le programme proposé, outre sa dimension sociétale implique la modernisation des mécanismes de l’action syndicale (structures, fonctionnement administratif et financier), et une stratégie revendicative alliant la lutte contre l’exploitation et la lutte contre l’exclusion et la précarité de l’emploi, tout en donnant toute son importance aux activités sociales, et aux études et la formation, pour faire de la nouvelle organisation syndicale, avec des dirigeants possédant une formation de qualité, une force à la fois de revendication et de proposition.

La CGTT fonde son action sur le principe de volontariat dans l’engagement et le professionalisme dans ses propres activités.

Nous  voulons un modèle de syndicat différent et notre devise est : “une organisation syndicale autre en Tunisie est possible”.

Notre organisation syndicale entend tirer les meilleurs enseignements de l’expérience syndicale tunisienne ainsi que des expériences du pluralisme syndical dans le monde, et particulièrement les expériences belge, espagnole, scandinaves, exemples de grande réussite.

La CGTT a l’ambition de :

  • réaliser la synthèse originale et innovante des dimensions sociale, nationale et internationaliste du mouvement syndical,
  • distinguer clairement entre le champ syndical et le champ politique, sans perdre de vue l’interférence entre eux
  • défendre les droits fondamentaux  des travailleurs et de tous les droits syndicaux inclus dans les accords  et conventions internationaux de l’OIT, ainsi que le droit d’être partie prenante dans toute approche impliquant des transformations sociales,
  • contribuer à la construction d’une société tunisienne développée et moderne, garantissant l’exercice d’une citoyenneté pleine et entière dans le cadre du respect total des libertés individuelles et collectives, de la séparation effective des pouvoirs et l’observation rigoureuse des règles de l’Etat de droit et le respect des droits de l’homme.

Il est évident que la CGTT milite également pour d’autres objectifs à savoir :

  • la participation active à la construction de l’édifice maghrébin notamment dans sa dimension sociale,
  • le soutien de la lutte du peuple palestinien pour l’indépendance, la liberté et le droit à l’autodétermination, et de celle du peuple irakien contre l’occupation étrangère et contre les luttes interconfessionnelles et d’une manière générale, le soutien des aspirations des peuples à la paix, à la liberté, à la justice et au progrès.
  • la solidarité syndicale internationale, la coopération avec les ONG et les mouvements sociaux, pour la mondialisation des droits du travail, des droits sociaux, la démocratisation des institutions internationales.

Notre organisation lance un appel aux autorités , aux chefs d’entreprise, à l’organisation patronale pour ne pas faire obstacle au droit de la CGTT et de ses syndicats, constitués légalement selon la législation tunisienne et les conventions de l’OIT, d’exercer leurs activités syndicales  en toute liberté.

Vive la Confédération Générale Tunisienne du Travail – CGTT

Le Comité National de Liaison
Souad  KADDACHI, Mohamed CHAKROUN
Fatma CHERIF et Habib GUIZA

Tunis, octobre 2007

(texte traduit de l’arabe)

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